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Municipales 2014 : le CLIC suit les primaires de l’UMP à Lyon

« Il faut que Lyon rayonne ! » : Interview de Georges Fenech

CLIC : Collectif Local d’Informations Citoyennes

Troisième entretien du cycle « CLIC pour 2014 », consacré aux prochaines élections municipales à Lyon : Georges Fenech, député de la 11ème circonscription du Rhône et candidat aux primaires lyonnaises de l’UMP était l’invité du Collectif Local d’Informations Citoyennes.

Pour l’interroger : Sébastien Gonzalvez du Lyon Bondy Blog, Sylvain Métafiot de Forum de Lyon et de Mankpad’ere, Pierre Gerbeaud de Free-Landz et Jean-Philippe Bonan de Sens Public et de Forum de Lyon. Technique radio : Patrice Berger de Radio Pluriel.

VIDEO : Trois questions à... Georges Fénech

L’ENTRETIEN

 

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CLIC : M. Georges Fenech vous êtes candidat aux primaires de l’UMP pour les municipales à Lyon en 2014. Qu’est ce qui vous pousse à vous lancer dans cette aventure ?

Georges Fenech : C’est, d’une part, le fait que je sois Lyonnais. J’ai pour ma ville un attachement particulier et je veux m’y investir. J’y ai exercé l’essentiel de mes fonctions de magistrat, je suis un élu du Rhône depuis plus de dix ans. Je pense que je peux jouer un rôle majeur pour ma ville et je suis en meilleure capacité pour affronter le maire sortant.

De plus, Lyon est un enjeu essentiel pour le pays, puisque cette ville pèse énormément dans le débat politique national. Et elle va peser de plus en plus car la ville est en plein devenir avec la création de la métropole lyonnaise. Elle peut devenir l’une des villes « phare » de l’Europe, bien qu’aujourd’hui elle ne soit placée qu’en 21ème position des plus grandes villes européennes. L’objectif c’est de la faire rentrer dans le top 15, je pense que cela est réalisable.

 

CLIC : Vous êtes donc favorable au projet Lyon Métropole soutenu par Gérard Collomb ?

G.F. : Je tiens à préciser que ce statut de métropole a été décidé sous la précédente majorité. C’est sous la présidence de Nicolas Sarkozy que nous avions imaginé ces nouveaux territoires des grandes communauté urbaines telles que Lyon et, à l’époque, Gérard Colomb ne l’avait pas voté. Je constate que maintenant il se rallie à cette idée et c’est tant mieux !

Sur la forme, on peut critiquer le fait que cette décision ait été prise sans véritable concertation, mais aujourd’hui peu importe, le projet est lancé et l’important c’est de faire adopter la loi et qu’on ait la possibilité légale de mettre en place rapidement la métropole lyonnaise qui devient une nécessité. Je ne peux que me réjouir de cette évolution.

 

CLIC : Que pensez-vous du principe de primaires pour designer le candidat de l’UMP à l’élection municipale ?

G.F.  : Je suis très attaché à l’expression démocratique, ces primaires ouvertes se jouent devant les militants mais aussi les Lyonnais car tous les Lyonnais qui sont inscrits sur les listes électorales peuvent venir voter le 2 juin, voire le 9 juin s’il y a un deuxième tour. Je ne vous cacherai pas que j’espère bien être élu dès le premier tour. Plus la participation sera forte, plus grande sera la légitimité du candidat du centre et de la droite ainsi désigné.

 

CLIC : Si vous êtes élu maire de Lyon garderez-vous votre mandat de député de Givors ?

G.F. : Soyons précis, je suis député de la 11e circonscription du Rhône. Givors est la ville principale mais ma circonscription englobe les territoires de Grigny, Mions, Mornant, Saint Symphorien d’Ozon et Condrieux.

Je suis légaliste, n’oubliez pas que je suis magistrat. J’aime bien, dans la mesure du possible, toujours respecter la loi et respecter aussi la volonté des électeurs. Ils m’ont élu en 2012 pour cinq ans avec plus de 65 % des voix, ce qui es le meilleur score de toute la région Rhône-Alpes dans une législative qui a été marquée par une vague rose. C’est ce qui fonde ma légitimité. Je resterai donc leur député jusqu’à la fin de ce mandat. La loi sur le non cumul des mandats s’appliquera en 2017. Il est évident qu’à partir du moment où je serai maire de Lyon, je ne briguerai aucun autre mandat en 2017 et je me consacrerai entièrement à ce mandat.

 

CLIC : Une des questions qui préoccupent le plus les Lyonnais est celle de la politique de la petite enfance et, plus précisément, des places en crèches. Pensez-vous augmenter le nombre de places en crèche ?

G.F. : C’est l’une de mes priorités, j’aime bien la formule "l’enfant roi dans la cité". Cette question a d’autant plus d’importance que notre ville et notre département sont parmi les plus natalistes. Il y a beaucoup de petits Lyonnais qui naissent chaque année et tant mieux, il faut s’en réjouir. Tout doit être fait pour le petit Lyonnais afin qu’il puisse grandir, s’épanouir et rentrer dans la grande bataille du monde du travail avec tous les atouts. Cela passe déjà par la petite enfance.

J’entends les Lyonnais se plaindre des problèmes de crèches : trouver une place c’est difficile surtout quand les deux parents travaillent. Bien-sûr qu’il faut augmenter le nombre de places en crèche mais il faut surtout faciliter l’accès à la crèche. C’est pourquoi je propose la création d’un guichet unique par arrondissement qui centralise toutes les offres possibles permettant ainsi aux parents de choisir parmi une offre diversifiée ce qui correspond le mieux à leurs besoins, que ce soient les crèches publiques, les crèches privées, les crèches associatives, ou les crèches d’entreprises.

 

CLIC : Que pensez-vous de la remise en question de la semaine de quatre jours ? L’appliquerez-vous si vous êtes maire ?

G.F. : J’ai suivi en tant que parlementaire le débat sur les rythmes scolaires, c’est un bouleversement qui ne s’imposait pas et qui va créer d’énormes problèmes. D’ailleurs je remarque que le maire actuel a reporté la reforme à 2014, c’est un signe. Tout cela relève de la loi et je pense que ce débat se représentera avec une nouvelle majorité.

 

CLIC : Vous avez pour ambition d’adapter la ville pour l’accompagnement des aînés. Ce sera un immense chantier dans les prochaines années ?

G.F.  : En effet, si on a beaucoup de petits Lyonnais qui naissent chaque année il y a, concomitamment, un allongement de la durée de la vie. Il faut savoir qu’une petite fille qui naît aujourd’hui a une espérance de vie de 100 ans (je parle des filles car elles ont une plus grande espérance de vie que les garçons). Il faut s’en féliciter mais nous devons tenir compte de cette évolution démographique pour la gestion de la question des retraites sur le plan national.

Au niveau local on doit réfléchir à la place faite à nos aînés et aux personnes dépendantes dans nos villes que ce soit pour les maisons de retraite ou les restaurant collectifs. Sur ce point, j’ai été très attristé de voir que Gérard Colomb a fermé des restaurants collectifs alors que c’est une nécessité d’avoir une solidarité intergénérationnelle. Il faudra repenser cette politique vis à vis de nos aînés. Nous devons développer des lieux intergénérationnels où des jeunes puissent s’occuper des aînés. Dans ma circonscription on a fait des maison de retraite en plein cœur des villages à proximité des écoles. Il ne faut pas séparer les aînés des jeunes, au contraire il faut que les générations puissent s’entraider, les uns par l’expérience qu’ils apportent aux jeunes et les jeunes par la vitalité qu’ils apportent aux plus anciens.

 

CLIC : Selon vous, concrètement, où sont les points d’insuffisance de la politique municipale actuelle sur la lutte contre la pauvreté et le mal logement ? Pouvez-vous nous donner des exemples ?

G.F.  : C’est un sujet sur lequel je suis extrêmement sensibilisé. En tant que parlementaire j’ai créé le groupe d’étude sur les sans-abri. J’ai été rapporteur de la loi sur le droit au logement opposable, dit loi Dalo, qui fonctionne assez bien, il y a eu plus de 30 000 décisions rendues.

Si on parle de social, c’est aussi la question du logement. Il faut surtout construire tout en faisant attention à ce qu’il n y ait pas d’étalement urbain intempestif qui soit néfaste à la ville au niveau des transports. Il faut donc densifier l’agglomération. Afin de faciliter l’accession à la propriété, la municipalité de Lyon doit se défaire par la vente de tous ses bureaux et ses logements de fonctions inoccupés. Les grands offices comme l’OPAC ou la SACVL peuvent aussi vendre une partie de leurs logements sociaux ce qui leur permettra de dégager de l’investissement pour construire d’autres logements. Sur ce point je regrette les déboires financiers gigantesques de la SACVL qui s’est fait piéger par un système de prêts toxiques. La municipalité actuelle endosse la responsabilité de ces erreurs de gestion par son manque de vigilance et de contrôle. Au vu de ce problème de trésorerie, la SACVL ne remplit plus son rôle de construction de logements sociaux. À côté de cette politique de l’offre il faut développer une aide à l’accession à la propriété avec la mise en place de prêts à long terme bonifiés pour tenir compte des budgets modestes.

On peut s’inspirer du modèle parisien du logement solidaire qui marche bien. Vous avez beaucoup de propriétaires d’appartements qui n’osent pas louer leur biens car ils ont peur que le loyer ne soit pas payé ou de retrouver leur appartement en mauvais état. À Paris l’administration municipale de Bertrand Delanoë a mis en place une politique de logement solidaire. La mairie garantit aux propriétaires le payement des loyers en collaboration avec les organismes agrées. Elle assure en plus la rénovation de ces appartements. Cette politique a libéré beaucoup de logements vides et c’est donc un système que je compte mettre en place à Lyon.

 

CLIC : Vous l’avez rappelé, vous avez dirigé un groupe d’étude sur les sans-abri à l’Assemblée Nationale. Faut-il repenser la gestion des centres d’accueil des SDF à Lyon ?

G.F. : Lyon peut s’enorgueillir de cette tradition de charité et de solidarité. Il faut, bien-sûr, créer des centres d’hébergement d’urgence supplémentaires car nous devons posséder un nombre de place d’accueil d’urgence suffisantes. Mais il ne faudrait pas que ces places d’urgence deviennent des places de stabilité sinon nous ne pouvons plus répondre à l’urgence. Or aujourd’hui on voit se développer cette tendance, les centres d’hébergements d’urgence se transforment en logements pérennes ce qui n’est pas leur vocation.

Il faut parallèlement prévoir des systèmes de réinsertion, le logement c’est important mais si vous n’avez pas de travail vous n’avez pas de logement pérenne. Cela suppose une organisation très structurée, très complémentaire entre le logement et le travail.

 

CLIC : Pendant les deux mandatures de M. Collomb on a vu se développer plusieurs grands chantiers : le quartier de Confluence, l’aménagement des berges du Rhône, le quartier de la Part-Dieu, l’Hôtel-Dieu, le grand stade à Décines... Souhaitez-vous continuer cette politique de grands travaux ?

G.F.  : Je suis d’accord pour créer de nouvelles zones urbaines densifiées qui correspondent aujourd’hui a une nécessité, que ce soit le Carré de soie ou les quartiers de Confluence ou de Gerland, mais attention il faut que le reste suive. Nous devons nous méfier de cette volonté manifestée actuellement par Gérard Collomb de construire de très grandes tours, c’est un schéma à la new-yorkaise des années 70 complètement dépassé : dans ces locaux, à 17 h il n’y a plus rien ni personne. Arrêtons la folie des grandeurs, nous n’avons pas besoins d’autant de grandes tours. Oui au développement de la ville mais gardons comme soucis prioritaires qu’une ville doit avant tout être agréable à vivre, c’est le lieu où l’on consomme, où l’on passe du temps avec sa famille, où l’on se déplace. Nous avons besoin de quartiers de vie, pas uniquement de quartiers de bureaux sans âmes. Actuellement je ne vois pas beaucoup de vie, aussi bien à Gerland qu’à Confluence. Pour se faire il faut développer les petits commerces, améliorer l’accessibilité de ces quartiers, ce qui n’est vraiment pas le cas pour Confluence. Pour parler de ce quartier, le musée de la Confluence m’inquiète beaucoup, on est arrivé aujourd’hui à des sommes astronomiques pour sa construction. C’est un musée qui va poser beaucoup de problème de financement avec des coûts de gestion très importants.

 

CLIC : Vous parlez de développer le commerce de proximité mais cela implique d’augmenter les places de parking ce qui entraîne alors des questions d’environnement. Comment faire pour allier les deux ?

G.F. : Il faut, en effet, régler les problèmes de parking car la voiture, qu’on le veuille ou non, est encore un moyen de transport important y compris dans les centres urbains. Mais il faut développer toute une politique de transports collectifs à côté et faire preuve d’imagination. Car la voiture est aussi source de pollution et il faut bien savoir que nous nous sommes dans une zone où on atteint des taux de pollution d’air importants, au mois février on a eu un épisode d’alerte très grave. Il aurait d’ailleurs fallu prendre des mesures plus importantes et plus rapides, que celles qui ont été prises. Le maire aurait dû, pendant toute la période de forte pollution, rendre gratuits tous les transports collectifs et instaurer sans aucun doute la circulation alternée ce qui aurait divisé la circulation par deux. Quand on a un problème de santé publique aussi grave il faut prendre des moyens exceptionnels et on a simplement baissé la vitesse des voitures de 20 km/h. Cette décision ne répondait pas à l’urgence de la situation. N’oublions pas que les particules fines sont causes de cancer : certaines études parlent de plus de 40 000 morts à cause des particules fines.

 

CLIC : Justement, sur la question des transports collectifs, vous souhaitez développer aujourd’hui des transports assez peu utilisés : fluviaux et aériens.

G.F.  : Bien-sûr, pourquoi se priver des ressources géographiques, naturelles, de notre région qui ne sont pas exploitées aujourd’hui ? Je pense évidemment au transport fluvial : on a un fleuve et une rivière qui longent tout le bassin rhodanien et qui pourraient être utilisés comme modes de transport doux et agréables. On peut développer des navi’bus, comme à Nantes, des taxis fluviaux, ce qui est totalement sous exploité aujourd’hui. On voit seulement quelques tentatives, comme à la confluence et ça marche bien les gens aiment prendre la navette. On pourrait, depuis Gerland, remonter jusqu’à l’île Barbe, voir plus loin. On pourrait rejoindre les deux fleuves également... C’est une idée tout à fait réaliste.

Je pense aussi qu’on devrait s’intéresser à un mode de transport qui aujourd’hui se développe dans les grandes villes dans le monde et que j’appelle le « métro câble » c’est à dire des cabines téléphériques. Quand on parle de cabines téléphériques, on pense tout de suite à la montagne. Or, c’est un mode de transport urbain très intéressant qui existe dans les grandes capitales (Londres, Barcelone, Rio, Grenoble, bientôt Toulouse, New York etc.). Le câble est un moyen de transport propre. De plus, un kilomètre de câble coûte deux fois moins cher qu’un kilomètre de rail. Cela permet de transporter, suivant les capacités, entre 8 000 et 10 000 passagers à l’heure dans des cabines qui peuvent contenir 30 ou 40 personnes toutes les trois ou quatre minutes et qui permet aussi de franchir des obstacles naturels. Il y a une vraie idée que j’entends expérimenter sur le transport par câble, un mode de déplacement original, non polluant, moins coûteux, et finalement agréable.

 

CLIC : À propos du transport fluvial, n’avez-vous pas peur de sur-polluer nos fleuves ?

G.F. : Et bien, il faut des bateaux propres, il faut surtout éviter au maximum le diesel.

 

CLIC : Par ailleurs, vous souhaitez ouvrir le métro la nuit les week-ends.

G.F. : Oui, je pense que cela répondrait à une demande et à un besoin du monde de la nuit. On veut une ville à dimension européenne, il ne faut pas oublier que la nuit, c’est aussi attractif. Il faut qu’une ville comme Lyon donne accès à des divertissement nocturnes et, pour y accéder, quoi de mieux que le métro ? J’envisage, une fois maire de Lyon, d’ouvrir le métro la nuit du vendredi au dimanche. Ce qui règle aussi le problème de la conduite en état d’ivresse, quand on peut rentrer en métro. Par contre, il faudra développer les moyens de contrôle et de sécurité dans les transports, la nuit. Ça passe par une politique plus volontariste.

 

CLIC : Pour rebondir sur le volet sécurité, on peut citer un rapport annuel de la commission consultative des droits de l’homme qui a révélé en mars dernier une augmentation de 58% des actes antisémites et de 30% des actes violents contre les musulmans. D’autre part, les Français estiment qu’il y a de plus en plus d’immigrés en France. Au regard de ces chiffres quelles solutions apportez-vous, vous qui voulez faire de Lyon la ville la plus sûre de France ?

Cela, c’est un engagement que je prends vis-a-vis des Lyonnais. Bien entendu, la lutte contre la délinquance c’est une responsabilité de l’État (via la police nationale) et ne dépend pas du maire. Et actuellement les projets de Mme Taubira m’inquiètent beaucoup : elle va supprimer des choses qui jusque-là marchaient bien, comme les peines planchers, la rétentions de sûreté... Mais cela est une question de politique nationale. Quand on est maire d’une grande ville, on a une responsabilité en terme de prévention, de présence sur le terrain, de contrôle. Et il y a des villes qui, de ce point de vue, sont exemplaires : je citerais ainsi New-York, celle de Rudolph Giuliani, qui avait fait baisser de 40% la délinquance. Je vois certains de mes amis, comme Christian Estrosi à Nice, qui font des efforts considérables dans ce domaine. En terme d’effectif de policiers municipaux : je souhaite créer de nouvelles brigades, des brigades inter-communales dans les transports, augmenter encore la vidéo-surveillance. L’accès à la vidéo-surveillance n’est pas encore suffisant par la police municipale. Et équiper aussi la police municipale de « taseurs » la nuit. Cela me paraît très important qu’ils puissent intervenir et se défendre. Tout cela en complémentarité avec les forces de l’ordre (police nationale, gendarmerie etc.) et en parfaite harmonie avec le procureur de la République, le préfet, toutes les autorités responsables de l’ordre public. Je pense que Lyon peut devenir un exemple (en tout cas c’est ma volonté) sans en faire une ville sous surveillance policière. Je ne suis pas pour un système à la Big Brother, mais regardez ce qu’il s’est passé dernièrement à Boston : comment a-t-on identifié ceux qui ont posés les bombes sur le parcours du marathon ? Grâce à la vidéo ! Et sans aucun doute on a empêché d’autres attentats qui auraient été commis par ces auteurs. Je pense qu’il faut mettre l’accent là-dessus. Je sais que la police municipale se plaint actuellement de manque de moyens, de ne pas être écoutée par le maire... Je les connais d’ailleurs, puisque je les ai formés pendant longtemps quand j’étais juge d’instruction, je connais leurs difficultés, leurs aspirations. Et avec moi comme maire, ils auront les moyens de rendre cette ville beaucoup plus sûre.

 

CLIC : Pourtant, la chambre régionale des comptes note que la police municipale de Lyon est l’une des premières de France.

G.F.  : Elle n’est pas la première de France : quand on voit celle de Nice, cela n’a rien à voir.

 

CLIC : Concrètement, vous pouvez nous expliquer la différence entre la police municipale à Nice (ses actions, ce qu’elle peut faire) et celle de Lyon, et ce que vous voudriez en faire ?

G.F. : Je ne vais pas vous donner de chiffres précis, ce serait démagogique de ma part. Ce que je constate c’est que Nice est devenue une ville sécurisée. Il y a 500 policiers municipaux sur Nice qui sont sur le terrain. Ici, à Lyon, je ne crois pas que l’on en soit à des effectifs si importants sur le terrain. Cette police municipale, elle doit être sur le terrain, visible, équipée en véhicules, en armes « taser ». Je ne pense pas que, la journée, cette police doive être armée, mais la nuit, si. Et cela suppose des moyens, de la formation et des contrôles.

 

CLIC : Vous parlez de développer la vidéo-surveillance, mais s’il y a plus de policiers sur le terrain, l’effet de dissuasion ne sera-t-il pas le même, voire supérieur ?

G.F.  : Bien-sûr, la technique ne remplace jamais l’humain. Une police municipale présente à des endroits précis (notamment aux abords des écoles, des transports publics) c’est non seulement dissuasif mais aussi rassurant pour la population. La vidéo-surveillance c’est un outil technique, cela ne remplacera jamais la présence sur le terrain.

 

CLIC : Plusieurs rapports notent l’inefficacité de la vidéo-surveillance : On compte 200 arrestations pour 219 caméras en un an.

G.F. : Il faut rechercher les causes de cette inefficacité. Pourquoi les polices municipales, de ce que j’en entends, n’ont pas un accès facile à la vidéo-surveillance ? Mais il n’y a pas que cela. Je crois que la sécurité c’est le problème de chacun. On pourrait très bien imaginer, par exemple, d’équiper les bailleurs sociaux, d’un matériel qui permettrait de noter la moindre incivilité, le moindre feu de poubelle, etc. En permettant donc de faire remonter l’information alors que ces faits partent dans des mains-courantes ou ne donnent même pas lieu à des signalisations. On pourrait imaginer un mode de centralisation avec une cartographie de tout ce qui se produit dans une ville. Si j’étais maire de Lyon, j’ouvrirais un grand centre de la sécurité, accessible à tous les Lyonnais, où l’on verrait des points lumineux : pourquoi il y a des actes de dégradation dans cette zone, pourquoi un trafic dans tel immeuble ? Pour cela, il faut que toutes les informations soient centralisées, regroupées.

 

CLIC : Cela ressemble un peu à de la délation.

G.F. : Je crois que le devoir de chaque citoyen c’est de faire en sorte qu’on lutte contre la délinquance. Il ne s’agit pas de délation il s’agit d’un rôle citoyen, de signaler qu’il y a des problèmes dans tel ou tel quartier. Il y a des gens qui sont terrorisés dans certains quartiers qui n’osent ni porter plainte, ni même se manifester. Je pense qu’il faut changer de modèle.

 

CLIC : Vous parlez de quels quartiers, par exemple ?

G.F. : Les quartiers criminogènes du Grand Lyon, on les connaît, moi j’ai travaillé dessus pendant des années. Il y a des endroits où il y a du trafic de stupéfiants. Il y a aussi des endroits, d’ailleurs, où l’on a fait reculer la délinquance. Je pense par exemple à La Fosse aux Ours, qui était un lieu de trafic important et qui aujourd’hui l’est moins, parce qu’il y a eu des efforts en termes d’urbanisme, de présence sur le terrain, on peut faire reculer ces trafics. Après il y a tous les quartiers aux alentours de Lyon : Vaulx-en-Velin, le Mas du Taureau, Vénissieux, la Duchère... Il y a des quartiers où l’on doit mettre plus de priorités.

 

CLIC : Vous vous réclamez à la fois de la droite décomplexée mais aussi du gaullisme social. N’est-ce pas un peu contradictoire ?

G.F. : Je me réclame du gaullisme social, encore que cette expression soit presque redondante, car le gaullisme a toujours été imprégné de social, comme l’idée de la participation par exemple. Le général De Gaulle était le président de tous les Français, non pas d’un parti et je me réclame de cet héritage politique. Vous me demandez si il y a un paradoxe avec le terme de « droite décomplexée ». Mais la droite décomplexée c’est quoi ? Une droite qui s’affirme et qui pose les vrais problèmes, ceux que j’entends tous les jours sur les marchés en ce moment où je fais campagne. Les vrais problèmes c’est l’insécurité (les gens ont peur), le chômage, une lutte contre l’immigration sauvage et clandestine. Par cela j’entends une régulation des flux migratoires avec toujours un esprit qui caractérise la France : un esprit d’ouverture (la France comme terre d’accueil, d’asile). Mais en même temps il faut se donner les moyens de lutter contre l’immigration clandestine et tous les réseaux qui l’accompagnent : travail clandestin, passages en fraude, etc.

Il n’y a pas pour moi de paradoxe entre appartenir à un courant dans ma famille politique, celui de Jean-François Coppé, qui a fait ses preuves d’ailleurs, puisque toutes les élections intermédiaires depuis l’année dernière nous ont donné raison : ceux qui ont porté ses couleurs ont été élus. Donc c’est une droite républicaine qui s’affirme, forte et attachée aux valeurs : la famille, le travail et le maintien de la tranquillité publique.

 

CLCIC : À propos du budget de la ville, est-ce que, d’un point de vue général, vous êtes favorable au régime d’austérité de l’économie publique ? Et, plus précisément, quelle politique fiscale mettriez-vous en place dans la ville de Lyon ?

G.F.  : Pas d’augmentation d’impôts, ça c’est clair. Aujourd’hui vous ne pouvez plus augmenter les impôts, ce n’est plus possible : les gens sont tellement matraqués fiscalement, j’ai déjà regretté l’augmentation importante du département du Rhône cette année. Ce qui est évident c’est qu’il faut faire avec nos moyens et ne pas dépenser plus. Par rapport à la politique d’austérité : moi je n’aime pas ce mot qui veut dire restriction. Je pense qu’il faut avoir une politique courageuse surtout en matière de réduction des dépenses publiques : dépenser moins, beaucoup moins. On n’en prend pas le chemin actuellement. On a atteint 46,5% de dépenses publiques du PIB, ce qui veut dire que la moitié de ce la France gagne, on le dépense en fonctionnement, vous vous rendez compte ? On est à 8 ou 9 points derrière l’Allemagne. Moi je suis pour une politique de rigueur budgétaire et mettre le paquet sur la recherche, l’université, les pépinières et la création d’entreprises.

 

CLIC : Au niveau municipal, on fait quoi pour dépenser moins ?

G.F. : Et bien on gère mieux, on contrôle mieux (j’ai cité tout à l’heure l’exemple de la SACVL), on ne brade pas son patrimoine comme Grolée qui était une catastrophe, un désastre. C’est un vrai no man’s land, il ne s’y passe plus rien. Je suis aussi vraiment triste de voir l’affectation de l’Hôtel-Dieu par exemple. C’était un endroit hautement symbolique de Lyon de la santé et de la charité. Et l’on en fait un hôtel 5 étoiles intercontinental alors qu’on pouvait le placer ailleurs. Il aurait fallu conserver à l’Hôtel-Dieu sa vocation originale : en faire un centre universitaire ou de recherche médicale, un musée... En faire quelque chose qui corresponde à cette vocation.

 

CLIC : Justement, que ferez-vous du quartier Grolée, si vous êtes amené à diriger la mairie, compte tenu de sa proximité avec l’Hôtel-Dieu ?

G.F. : L’échec du quartier de Grolée, à coté de l’Hôtel-Dieu est un exemple : comme si cela n’avait pas servi de leçon. Je ne suis pas du tout sûr que l’Intercontinental en plein cœur de ce bâtiment historique ce soit une bonne idée. Ce que je ferai ? Je donnerai les moyens de re-dynamiser ce quartier et de le voir autrement. Et surtout ne pas brader le patrimoine des Lyonnais, on n’a pas le droit d’y toucher. Je me souviens, lors de la nouvelle affectation de la Manufacture des Tabacs, Michel Noir a refusé des projets fous et a dit «  il faut que ce soit un lieu pour l’avenir  » et il a eu raison. Aujourd’hui c’est un lieu universitaire et tous les Lyonnais s’en réjouissent. Vous savez qu’à une époque on voulait raser le vieux Lyon pour en faire des bâtiments modernes ? Tout comme on a défiguré Perrache avec l’échangeur on aurait voulu défigurer ce qui est aujourd’hui au patrimoine mondial de l’humanité ! Heureusement qu’on a conservé ce patrimoine : une ville doit s’inscrire sur la modernité sans oublier sa tradition. Lyon est une ville de tradition, une ville particulière. Ce n’est pas une ville de province comme les autres, c’est presque la capitale des provinces. C’est une ville avec un passé, une histoire riche dans maints domaines : capitale de la résistance, capitale de la gastronomie (même si l’on a malheureusement perdu ce titre, ce que l’on doit aussi au manque de volonté du maire actuel). C’est pour cela que Lyon doit garder son âme et sa vocation humaniste. Et je serai un maire à la fois soucieux de garder cette tradition humaniste lyonnaise mais également de s’inscrire dans la modernité. Mais l’un ne va pas sans l’autre.

 

CLIC : Vous êtes assez en accord avec vos concurrents de l’UMP sur cette question de l’Hôtel-Dieu et de l’humanisme mais, sur un autre sujet, que pensez-vous de la volonté, dans un souci de transparence démocratique, de moraliser la vie politique en dévoilant le patrimoine des élus ?

G.F. : Mon patrimoine ? Mais en quoi ça intéresse, franchement ? Ça vous intéresse de savoir que j’ai une maison achetée à crédit et quelques meubles ? Il ne faut pas tomber dans un voyeurisme qui jette la suspicion sur les hommes politiques. Ce qui est important c’est une déclaration de patrimoine quand on est élu et une à la fin de son mandat. Et qu’il y ait entre les deux un contrôle, ce qui n’existe pas, il faut le dire franchement. Je déclare depuis 2002 mon patrimoine et je n’ai jamais été contrôlé. De plus, la déclaration de patrimoine n’empêchera jamais la faute. Cahuzac n’aurait jamais déclaré ses comptes en Suisse. Ce qu’il faut c’est des moyens de contrôle, notamment avec l’idée d’une autorité indépendante, ça c’est la bonne solution.

 

CLIC : Vous avez noté un affaiblissement du rayonnement culturel de la ville de Lyon. Pouvez-vous développer ?

G.F.  : J’ai cité l’échec de la capitale de la gastronomie. Tout le monde sait que Lyon est un haut lieu de la gastronomie, avec des produits de terroir exceptionnels. Vous avez rappelé que j’étais député de la 11e circonscription : on a toute cette vallée du Rhône avec ses vignobles, Condrieu, le Château Gris, etc. Bref, des vins exceptionnels. Et avoir perdu ce titre là au profit de Rungis, Tours, c’est assez incroyable. On rayonne moins : nous n’avons pas été la capitale culturelle européenne au profit de Marseille. Pourquoi ? Pourquoi avons-nous perdu Lyon Mode City ?

 

CLIC : Bonne question : pourquoi ?

G.F.  : Parce qu’il faut une autre équipe à la tête de la municipalité, il faut du sang neuf ! Quand on a derrière soi deux mandats pleins, on n’a plus la même énergie. Il faut donc des équipes nouvelles, un élan nouveau. Il faut que Lyon rayonne. Bon, nous avons tout de même la Biennale de la Danse, le théâtre, l’opéra, la fête des Lumières – qui est un événement international posant tout de même quelques problèmes aux Lyonnais compte tenu de l’affluence et de notre capacité à gérer ces flux de populations. Lyon a une vocation culturelle, bien entendu.

 

CLIC : Continuerez-vous cette politique culturelle des grands événements, quitte à ce que ce soit au détriment de plus petits événements ?

G.F. : Il faut des deux. Il faut encourager la création. Dieu sait si Lyon a fait preuve d’imagination : le théâtre national populaire par exemple. Mais il faut aussi des grands événements internationaux. Personnellement, je me réjouis du festival Lumière, dans la ville qui a donné naissance au cinéma, qui est, à chaque année, renouvelé avec un grand succès. C’est une réussite totale. Il y a également la biennale de la danse, le musée d’art contemporain, tout cela doit se poursuivre. Mais il faut en même temps encourager la création, le théâtre du vivant, etc. Ce n’est pas paradoxal d’avoir à la fois des événements internationaux (Lyon a besoin de rayonner) et des petits événements artistiques que l’on aime également.

 

CLIC : Le mariage homosexuel a été récemment voté à l’Assemblée Nationale. Êtes-vous aller manifester contre ?

G.F. : Oui, j’ai été de toutes les manifestations, à Paris et à Lyon. Je suis intervenu autant que possible en commission des lois à l’Assemblée Nationale pendant le débat. Je suis profondément attaché à l’institution du mariage qui veut dire « filiation ». Ce n’est pas le problème d’une alliance civile entre personnes du même sexe qui me pose problème – au contraire il faut le faire, il faut améliorer leurs statuts, il faut reconnaître, il faut une égalité absolue dans ces droits-là – mais toucher à l’adoption plénière, à la filiation, avec, en arrière-plan, la PMA et la GPA... On a beau nous dire « mais non, ce n’est pas dans le projet » je vous rappelle qu’il y avait un amendement voté par les socialistes sur ce sujet et que le Comité national d’éthique est aujourd’hui saisi : l’un ne va pas sans l’autre. Il fallait protéger et conserver l’institution du mariage en terme d’institution pour la filiation.

 

CLIC : Dans votre camp politique, beaucoup de voix se sont élevées pour affirmer qu’ouvrir le mariage aux personnes de même sexe ouvrait la porte à n’importe quoi (zoophilie, inceste, etc.). Est-ce que vous condamnez certains dérapages ?

G.F. : Je condamne les propos extrêmes de ce genre. J’ai toujours lutté contre les discriminations et c’en est une, insupportable. J’ai l’impression que tout ce qui relève, de près ou de loin, à l’homophobie monte en puissance. C’est très inquiétant, il faut lutter contre ça.

Précisons que ce qu’est en train de faire ce gouvernement, un autre gouvernement, demain, pourra le défaire. Moi je suis très clair là-dessus : la loi Taubira pourra être réécrite de manière à préserver les droits des personnes de même sexe qui veulent s’unir, avec des vrais droits en termes de protection sociale, de succession, de solidarité, d’obligation de secours, c’est incontestable ; mais en même temps, préserver l’institution du mariage d’un homme et d’une femme, la seule altérité à l’origine de la création. Car si on met en place la PMA où va-t-on s’arrêter ? Je voudrais bien un enfant blond, aux yeux bleus, d’1m80, etc. On peut tout imaginer !

 

CLIC : Mais est-ce qu’on pourra revenir sur les mariages qui auront été officialisés ? La loi que vous proposez sera-t-elle rétroactive ?

G.F.  : Certainement pas. Lorsqu’il y a une situation acquise, elle est acquise. Cela dit, la Californie est revenue là-dessus.

 

CLIC : Et d’autres pays sont allés dans le sens inverse : la Nouvelle-Zélande a accepté le mariage homosexuel... Donc, si vous êtes élu maire procéderez-vous à des mariages de personnes du même sexe ?

G.F.  : Je suis magistrat, je respecte la loi. Un maire est un officier d’état civil, il doit appliquer la loi.

 

CLIC : Seriez-vous prêt à diriger la ville avec des élus du Front National ?

G.F. : Non. Clairement, non.

 

CLIC : Revenons sur l’économie. Vous affirmer vouloir développer le tourisme à Lyon. Concrètement, par quelles actions comptez-vous le faire ? Et qu’est-ce que cela entraînerait pour le tissu économique local ?

G.F. : Le tourisme est déjà une source économique importante pour notre ville – et notre région – qui n’est pas sans attraits. Développer le tourisme se fera par l’attractivité. L’attractivité ça passe par l’hébergement, des modes de transports, tout ce qui fait l’originalité de notre ville et de notre région, la gastronomie notamment, les événements culturels dont on vient de parler. Lyon doit sortir d’une forme d’absence en termes d’attractivité. Par exemple, entre Paris et Lyon le fossé est aberrant.

 

CLIC : Qu’est-ce qui nous différencie de Paris à ce niveau ?

G.F. : Lyon est une ville un peu calme et morte la nuit. Il faudrait davantage développer des lieux de divertissement. Les professionnels de la nuit se plaignent de ne pas avoir suffisamment d’autorisations, de moyens pour organiser des événements. Le métro est une solution à ce problème.

 

CLIC : Il existe pourtant des lignes de bus de nuit (Pleine Lune) qui permettent aux jeunes de se déplacer la nuit : quatre lignes parcourent ainsi toute la ville.

G.F. : Tant mieux mais si on peut faire ça avec des bus on peut faire ça avec le métro. C’est une discussion que j’aurais avec le Sytral.

 

CLIC : Pour rebondir sur la problématique du rayonnement, quelle est pour vous la visibilité de Lyon à l’international à l’heure actuelle ?

G.F. : Je pense que Lyon est une capitale européenne, même si on peut faire mieux. Il faut augmenter l’accessibilité : l’aéroport de Saint-Exupéry devrait se développer davantage ; ouvrir de nouvelles liaisons (comme celle en direction de Dubaï). Il faut faire en sorte que l’aéroport soit à dix minutes du centre de la Part-Dieu, notamment grâce à la création de lignes de métro.

 

CLIC : La ligne du Rhône express le fait déjà en 30 min.

G.F. : On peut faire beaucoup mieux : c’est trop long et trop cher.

 

CLIC : En parlant de rayonnement international évoquons l’Olympique Lyonnais. La ville lui verse une subvention d’un million d’euros. Comment comptez-vous articuler la problématique de la compétence sportive avec le sport professionnel d’un côté et les petits clubs de quartier d’un autre ?

G.F. : J’ai toujours subventionné, avec mes réserves parlementaires, les petits clubs de sports. Lyon a une grande équipe et nous allons bientôt avoir un grand Stade (ne revenons pas sur les problèmes de transparence financière entre l’argent public et privé engagés, l’affaire est réglée) auquel je suis favorable. On connaît souvent les villes par leurs équipes de football, ça reste le sport le plus populaire au monde : qui ne connaît le Barça, le Bayern, la Juventus, etc. ? Avoir une grande équipe suppose d’avoir les infrastructures adéquates. On aurait pu imaginer d’agrandir Gerland [c’était le projet initial], mais aujourd’hui le choix a été fait d’un grand stade et il n’y a plus à revenir dessus.

Après, le sport business doit se financer par le business. On voit bien ce qui se passe avec le PSG. Par ailleurs, la construction du grand stade provient, entre autres, de fonds privés. Les subventions doivent aller dans les petits clubs et pas dans les grands clubs qui doivent s’autofinancer.

 

CLIC : Sans transition pour la dernière question. Que faire, à Lyon, de toutes les familles de Roms que l’on déplace de campements en campements sans solutions sur le moyen et le long termes  ?

G.F. : J’en entends souvent parler. On ne peut pas tolérer et accepter des situations illégales, insalubres, qui sont sources de difficultés pour toutes les populations y compris les premières concernées : les Roms. Là-dessus je n’aurais pas de reproches à faire à Manuel Valls qui s’emploie à déloger des camps illégaux mais il faut les traiter de manière humaine et faire en sorte qu’il y ait une véritable collaboration européenne pour éviter que la France devienne le lieu principal d’installation des Roms. Que faire ? Je suis pour l’application de la loi. À partir du moment où un camp est illégal il faut y mettre un terme.

 

CLIC : Vous condamnez les démantèlements de camps à coups de pelleteuse, les familles séparées ?

G.F.  : Bien sûr, c’est un spectacle affligeant. Il faut se donner les moyens d’éviter cela.

 (Crédit photo : Naïma Aroussi, Lyon Bondy Blog)

Retranscription de Jean-Philippe Bonan, Sylvain Métafiot, Marion Carette et Sébastien Gonzalves.