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La Marche pour l’égalité et contre le racisme : 25 ans après...

« 3 décembre 1983, 100 000 personnes pleines d’espoir défilaient pour l’égalité et contre le racisme. 3 décembre 2008 des drones survolent le 93, les enfants des marcheurs sont plus pauvres et tout autant discriminés que leurs parents. » Ainsi se termine le documentaire radiophonique d’Olivier Minot, « 25 ans de marche et toujours pas d’égalité », qui retrace 25 ans d’histoire de luttes sociales dans les quartiers populaires à partir de la marche dite « des Beurs » de 1983 jusqu’à aujourd’hui. suite

La révolte des Minguettes, la marche des « Beurs », SOS Racisme, Ni pute ni Soumise, le forum social des quartiers populaires, les indigènes de la république... L’histoire des quartiers populaires depuis le début des années 80 en France, c’est aussi l’histoire d’une nation qui ne veut pas intégrer ses immigrés pourtant depuis longtemps devenus citoyens français. C’est encore l’histoire d’une situation sociale qui se dégrade et laisse de fait ses quartiers les plus populaires se paupériser, se précariser, se criminaliser. C’est l’histoire de l’instrumentalisation de cette histoire par les politiques de tous horizons, en commençant par ceux qui font des discours sécuritaires leurs fonds de commerce électoral, de Le Pen à Sarkozy, du Bruit et l’Odeur (non, non, pas la chanson de Zebda, le discours de Chirac) au nettoyage au karcher, en passant par les « sauvageons »... C’est aussi l’histoire justement de ces sauvageons révoltés, enfants du rejet et des périphéries, qui crient leur désir d’être des citoyens à part entière, à travers des expressions si diverses. La Marche des Beurs, le forum social des quartiers, la création d’associations de lutte contre le racisme sont les expressions constructives d’une même réalité que dénoncent les violences de 1983 ou de 2005 dans les quartiers populaires.

En 1983, ils étaient 32 lyonnais à lancer la marche, lorsqu’ils arrivent à Paris, de plus en plus nombreux, une foule les accompagne, composée en tout de 100 000 personnes. Ils dénoncent l’inégalité, le racisme, les violences ordinaires et extraordinaires... Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les crimes purement racistes ont quasiment disparu mais la discrimination est toujours de mise ; le terme « diversité » a remplacé celui d’ « égalité », mais l’inégalité reste une réalité, des mouvements se sont crées mais ont été dénaturés... Et la répression policière reste souvent la seule réponse institutionnelle.

Olivier Minot a retrouvé des acteurs de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, témoins avertis de l’histoire des banlieues oubliées de la République, de Vaulx-en-Velin et d’ailleurs. Pour eux, les revendications de 1983 sont toujours d’actualité et leur mouvement a été récupéré. Retour sur 25 ans de marches, de luttes, d’espoirs et de désillusions pour une petite histoire de l’injustice ordinaire.

Avec : Saïd Bouamama (Sociologue, acteur de convergence 84), Sally Amara (ancien combattante, président du comité d’accueil de la marche à Paris), Farid Lahoua (un des marcheurs), Farida Belghoul (porte parole de Convergence 84), Abdelaziz Chambi (militant des quartier lyonnais depuis 20 ans), Samir Baaloudj (Mouvement Immigration Banlieue), Julien Dray (fondateur d’SOS racisme) et Fadela Amara (ancienne présidente de Ni Putes ni soumises, actuellement secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville).

►ECOUTER LE REPORTAGE

25 ans de marche et toujours pas d’égalité

Un reportage d’Olivier Minot pour Radio Pluriel

Durée : 59’44s


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