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Universités : la mobilisation continue

04/02/09. La grève se poursuit depuis lundi dans les universités, touchant plus de la moitié des activités. Un mouvement sans précédent où l’on retrouve même les enseignants en droit, habituellement peu enclins à la contestation. La coordination nationale appelle à deux journées d’action les 5 et 10 février. L’UNEF, principal syndicat étudiant, se joint au mouvement. A Lyon, la manifestation du 5 débutera à 14h00, place des Terreaux.suite

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D’un côté la réforme des statuts des enseignants chercheurs, de l’autre la réforme de la formation des enseignants. Deux points d’achoppement fondamentaux que ne peuvent laisser passer les universitaires français, d’autant que ces réformes sont accompagnées de l’annonce de la suppression de près de 1000 postes en 2009.

La réforme voulue par Valérie Pecresse, la ministre de l’enseignement supérieur, a l’art de faire l’unanimité...contre elle. Même les universitaires qui n’ont jamais fait grève s’y mettent, comme dans les facs de droit par exemple (lire un article de Libélyon).

Le mouvement semble s’amplifier de jour en jour. La coordination nationale appelle à une journée de mobilisation et de manifestation jeudi 5 à Paris et en régions et à une manifestation nationale à Paris le 10 février. L’UNEF, principal syndicat étudiant se joint à cet appel.

Pour l’heure, chacun campe sur ses positions. Valérie Pecresse refuse toute modification et tout retrait du projet. De l’autre côté les universitaires continuent la mobilisation en maintenant leurs revendications :

"1) Retrait du décret statut des enseignants-chercheurs, maintien du CNU dans son rôle de gestion nationale des carrières.

2) Retrait des lourdes modifications envisagées pour la formation et le recrutement des enseignants du premier et du second degré, maintien des concours actuels en 2010, ouverture d’un vaste débat national public.

3) Suspension immédiate des 1030 suppressions d’emplois prévues au budget 2009 dans les universités et la recherche, lancement d’un plan pluriannuel de recrutement au cœur d’un vrai « plan de relance ».

4) Défense de la recherche publique, de ses structures, des statuts de ses personnels odieusement dénigrés et démolis par le président de la République."

(Lire le communiqué du SNESUP ci-dessous).

A Lyon, comme partout en France, les universités s’organisent. Les grévistes appellent à une manifestation jeudi 5 février 2009, à 14h00, place des Terreaux. Des compte-rendu des assemblées générales des universités lyonnaises sont disponibles sur le site Rebellyon :

Compte rendu Lyon 1

Compte rendu Lyon 2

Compte rendu Lyon 3

Compte rendu IEP et ENS-LSH

Document

Communiqué du SNESUP du 3 février au soir :

Le SNESUP se félicite de l’expansion de la grève dans la totalité des établissements d’enseignement supérieur. Il s’inscrit sans réserve dans la dynamique amplifiée par la coordination nationale du 2 février à Paris et appelle à conforter la grève et des initiatives multiformes dans tous les établissements.

Après un mouvement de grèves et de manifestations sans précédent récent amorcé par toutes les organisations syndicales, le jeudi 29 janvier, après l’exceptionnel succès du début de la grève continue des universitaires hier, lundi 2 février, le gouvernement feint l’indifférence et multiplie les provocations. Ce temps est dépassé : l’auto-satisfaction de Valérie Pécresse encore aujourd’hui, les propos péremptoires du premier ministre ne portent plus. Qui peut croire le premier ministre quand il proclame "la loi LRU, réforme phare de la législature, et relevant du consensus national".

Qui peut encore croire Valérie Pécresse quand 1030 emplois sont supprimés dans l’enseignement supérieur et la recherche, quand ses soutiens se résument à quelques poignées de présidents d’université.

Le président de la République et le gouvernement doivent au plus vite prendre la mesure d’une détermination solidaire des universitaires, incluant de plus en plus tous ses acteurs : enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, personnels BIATOSS, étudiants, qui contestent des textes et des dispositifs de régression scientifique et démocratique.

L’urgence est à la revitalisation des organismes de recherche, des universités, incluse dans un véritable plan de relance par le rétablissement des emplois supprimés au budget 2009 et la création dès cette année d’emplois nouveaux (1000 enseignants-chercheurs, 1000 personnels BIATOSS, 1000 chercheurs, 1000 personnels ITA). Tous indispensables pour améliorer le potentiel de recherche et pour faire face aux besoins d’un enseignement supérieur démocratisé et attentif aux parcours et aux projets de tous les étudiants.

Encore une fois, sans contradicteurs dans les médias, la ministre a délibérément ignoré aujourd’hui ces dimensions dans la promotion de dispositifs essentiellement immobiliers liés à l’enseignement supérieur et à la recherche. Le président de la République ne peut rester silencieux sur ce point comme il ne peut ignorer l’exigence déterminée de retrait du décret statutaire comme de l’actuel dispositif démembrant la formation des enseignants et les concours de recrutement pour le premier et le second degrés.

L’engagement déjà de près d’un universitaire sur deux dans des actions de grève, les résolutions souvent votées à l’initiative du SNESUP dans la quasi totalité des conseils centraux des universités, toutes solidaires des quatre revendications unitaires de la grève(*), appellent les présidents d’université à une solidarité active enracinée dans nos traditions universitaires. Le SNESUP s’est adressé à tous les présidents en ce sens.

Aujourd’hui encore, au plus près des départements d’enseignement, des laboratoires, des sites universitaires, le SNESUP appelle tous les collègues à élargir le soutien autour de nos revendications convergentes, à exposer au grand jour la réalité de nos métiers et l’étendue de nos propositions pour le supérieur et la recherche. (*)

1) Retrait du décret statut des enseignants-chercheurs, maintien du CNU dans son rôle de gestion nationale des carrières.

2) Retrait des lourdes modifications envisagées pour la formation et le recrutement des enseignants du premier et du second degré, maintien des concours actuels en 2010, ouverture d’un vaste débat national public.

3) Suspension immédiate des 1030 suppressions d’emplois prévues au budget 2009 dans les universités et la recherche, lancement d’un plan pluriannuel de recrutement au cœur d’un vrai « plan de relance ».

4) Défense de la recherche publique, de ses structures, des statuts de ses personnels odieusement dénigrés et démolis par le président de la République.


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