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Politique Agricole Commune

Réformer la PAC

Du 20 au 23 septembre, Annecy était la capitale européenne de la politique agricole commune

Les ministres de l’agriculture européens se sont réunis les 22 et 23 septembre derniers, à Annecy, pour discuter de l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC) à l’horizon 2013. L’occasion pour les agriculteurs de se réunir eux aussi à Annecy les 20 et 21 septembre, dans le cadre d’un contre sommet, et de revendiquer une autre politique agricole.

Anne-Lise Clerc, de Radio Grésivaudan a rencontré de nombreux acteurs et défenseurs de cette agriculture paysanne que les 5000 manifestants appelaient de leurs vœux.

"L’agriculture est malade, soignons la PAC" : la pétition que les agriculteurs et militants altermondialistes ont remis aux ministres européens de l’agriculture le 22 septembre dernier résume assez bien un constat largement partagé. Car l’ambition de changer la PAC est aussi bien celle des altermondialistes que celle des tenants de l’ultra-libéralisme.

Une politique commune pour des intérêts très divergents

Du côté des Etats, seule peut-être la France, en tant que principal bénéficiaire de ces aides européennes, n’a pas intérêt à un changement de fond de la politique agricole commune. Les autres Etats souhaiteraient quant à eux une meilleure répartition des aides, voire leur abandon pour une libéralisation totale de l’agriculture européenne qui passerait aussi par l’éradication des quotas régulateurs.

Tous sont donc d’accord pour réformer de nouveau cette vielle dame née en 1962, à l’heure des nécessaires incitations à une agriculture productiviste. Mais les situations des pays face à la problématique agricole sont très diversifiées. Ainsi, la géographie des Etats joue-t-elle un rôle déterminant. Si tous sont d’accord pour une meilleure répartition des aides, il est évident qu’un pays comme la Hollande, idéalement constitué pour une agriculture intensive n’a pas les mêmes revendications que l’Autriche par exemple, qui, elle, développe sa production agricole dans des milieux de montagne propices à une agriculture raisonnée et respectueuse de l’environnement.

En France, ces deux situations s’opposent. Et si la France est le plus grand bénéficiaire des aides européennes, ces aides ne sont pas également reparties à l’intérieur de notre territoire, favorisant pour l’essentiel les plus gros producteurs et l’agriculture dite intensive.

Pour une agriculture respectueuse de l’homme et de son environnement

C’est pourquoi les agriculteurs et militants d’une agriculture responsable et plus respectueuse de l’environnement et des enjeux humains locaux comme mondiaux ont voulu alerter les ministres européens avant leur sommet. Leurs revendications : une meilleure répartition des aides vers les petits producteurs paysans, la relocalisation des productions agricoles, la sauvegarde des quotas et le respect des besoins alimentaires des pays du sud.

Sauver les quotas

Car d’aucuns voudraient en effet abandonner le système des quotas limitant les productions. Cet abandon, fidèle aux principes économiques libéraux, signifierait à terme l’accroissement des productions et donc l’étouffement progressif des plus petits producteurs au profit des grandes firmes agroalimentaires.

Pour une souveraineté alimentaire

"Pendant que le Nord produit, le Sud meure de faim" commente Anne-Lise Clerc de Radio Grésivaudan dans son reportage. Car les nécessités ressenties par nos petits producteurs les plus respectueux de l’environnement et des besoins humains sont les mêmes que celles des producteurs des pays les plus pauvres. En effet, les règles fixées par l’Europe et par l’Organisation mondiale du commerce ont été fixées au profit d’un seul objectif : l’approvisionnement alimentaire des pays riches aux dépends des pays les plus pauvres. Ainsi nos besoins alimentaires ont-ils poussé ces pays à se spécialiser dans des monocultures intensives, abandonnant leur agriculture vivrière traditionnelle. Dans les règles du marché libéral, il n’est pas de place pour la notion de souveraineté alimentaire. "On ne produit pas pour manger, on produit pour exporter" explique Mamoudou Kourahoye Diallo, un agriculteur guinéen.

Bon sens ne rime pas avec finance

En bref, le bon sens semblerait pencher vers un retour évident aux productions naturelles, diversifiées et relocalisées au sein de chaque pays. Le modèle de l’exportation n’est pas forcément celui qui convient à l’agriculture puisqu’il est responsable de la malnutrition d’une grande partie des habitants de cette planète. Mais le bon sens et le respect des hommes et de leur environnement ne semble toujours pas être chose naturelle pour ceux qui pensent le monde en termes de balances commerciales et de profits financiers...

ECOUTER LE REPORTAGE D’ANNE-LISE CLERC DE RADIO GRESIVAUDAN

Intervenants : Gérard Larrieu, service montagne des chambres d’agriculture des deux Savoies et de l’Isère. Lucien Bourgeois, économiste et spécialiste de la politique agricole. Ambroise Mazal, chargé de mission au CCFD, comité catholique contre la faim et pour le développement. Mamoudou Kourahoye Diallo, agriculteur en Guinée. Jean-Michel Remillon, producteur de lait en Haute-Savoie. Gérard Leras, président du groupe des verts à la région Rhône-Alpes. Philippe Jeannin, coordinateur de l’Adabio. Dominique Barjolle, de l’AGRIDEA Lausanne.

T.B.

04 octobre 2008


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