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Radio Numérique terrestre : le bras de fer continue

Après la relance par le CSA du processus des appels à candidatures pour la RNT, les grands groupes privés annoncent leur refus de participer et leur intention de déposer un recours devant le Conseil d’Etat.

Pendant ce temps, radios indépendantes, radios associatives, nouvelles radios et diffuseurs se préparent à sa mise en route.

Chronique d’un choc annoncé, les quatre principaux groupes privés de radio ont déclaré qu’ils refusaient de participer à l’appel à candidatures pour la radio numérique terrestre. NRJ - Nextradio, RTL et Europe 1 se retirent donc de la course après avoir longuement bloqué le lancement de la RNT en France. Mais ils ne comptent pas cesser le combat puisqu’ils annoncent en sus leur intention de déposer un recours auprès du Conseil d’Etat visant à annuler l’appel à candidatures.

RNT : l’eldoradio

La RNT semble devenir un jeu d’échec géant où chaque groupe avance et protège ses pions, où chacun tente de préserver qui ses acquis, qui ses chances d’investir de nouveaux horizons. Ainsi, tandis que les grands groupes du "Bureau de la Radio" parient sur le développement de l’IP mobile et de l’usage des smartphones, la chaîne de télévision Euronews s’est portée candidate pour le premier appel à candidatures concernant Paris, Marseille et Nice. Lors d’un entretien avec Radio Actu, Antoine Baduel, pdg de FG DJ Radio, fustige le retrait des grands groupes et annonce le dépôt d’un nouveau projet "FG chic" sur la RNT en région parisienne.

Le SIRTI, syndicat des radios indépendantes, quant à lui, déclare que ses radios sont d’emblée candidates aux canaux abandonnés par les grands groupes. Le SIRTI se félicite même de la décision des membres "fatigués" du "Bureau de la Radio" : "en laissant vacantes leurs places, ces groupes fatigués offrent au CSA la possibilité de construire un paysage de la RNT renouvelant le pluralisme des programmes et la diversité des opérateurs" (lire sur Radio Actu)

Reçue le 29 mai dernier par la DGMIC (direction générale des médias et des industries culturelles ; au Ministère de la Culture), la CNRA a rappelé la nécessité de soutenir financièrement les radios associatives dans le passage à la RNT. Elle propose la mise en place d’une "tarification sociale" par les diffuseurs à l’égard des radios associatives. (Lire le communiqué) La confédération des radios associatives a aussi rappelé son attachement à la diffusion fm "dont les radios ont la maîtrise propre".

La maîtrise de la diffusion

Cette maîtrise de la diffusion est bien l’un des enjeux primordiaux de la problématique RNT. Contraints de se rassembler autour de multiplexeurs mis en place par des opérateurs tiers, les radios ne retrouvent pas sur la RNT l’autonomie et l’indépendance de diffusion de la FM. D’autant que beaucoup de radios sont propriétaires de leurs émetteurs.

C’est donc l’ensemble d’un modèle économique qu’il conviendrait aujourd’hui de penser au niveau des radios associatives. En commençant peut-être par s’inspirer des expériences existantes et notamment à Nantes, où le GRAM - groupement des radios associatives de la métropole nantaise - a mis en place un site de diffusion mutualisé sur un modèle économique associatif, social et solidaire.

A suivre... L’issue des débats adviendra sans doute après les Législatives, avec une décision gouvernementale. On ne peut douter aujourd’hui qu’elle confirme le CSA dans ses initiatives, et nous ne pouvons pas ne pas noter que le Premier Ministre actuel était aussi le Maire de Nantes qui connaît et soutient l’expérience du GRAM. Mais le feuilleton RNT nous réserve tant de surprises depuis tant d’années que la prudence reste de mise !

Thierry Borde


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