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Universités : un front uni contre la réforme Pecresse

Nouvelle journée de mobilisation nationale le 19 février

La mobilisation des universités contre la réforme Pecresse continue et s’amplifie. Un front commun des organisations syndicales enseignantes et étudiantes s’est formé. La coordination nationale appelle à une nouvelle journée nationale d’actions jeudi 19 février. Cet article rassemble de nombreux documents pour suivre l’information sur ce mouvement social, hors du prisme déformant des médias dominants...

A Lyon, manifestation jeudi 19 février à 14h00 place des Terreaux

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A Paris, des médias associatifs se sont réunis pour couvrir le mouvement. Ainsi, Télésorbonne, (télévision étudiante), Radio Campus et le journal étudiant Contrepoint nous fournissent de nombreuses informations et analyses pertinentes plutôt utiles en ces temps de désinformation généralisée...

Jeudi 12 février, Télésorbonne et Contrepoint recevaient Isabelle This-Saint-Jean, présidente de l’association "Sauvons la Recherche". Pour elle, les missions des enseignants chercheurs sont remise en cause et, derrière ces missions, "ce sont nos valeurs qui sont attaquées", explique-t-elle. Ces valeurs sont celles de la création et de la diffusion de la connaissance, celle de la justice sociale qui permet à l’université d’être accessible à tous. Avec au coeur, la problématique de la liberté, car la connaissance qui rend libre ne peut se développer sans liberté créatrice.

A cela, Valérie Pecresse, répond qu’elle donnera des primes à l’excellence ! Ces primes, ajoutées au système déjà mis en place de l’ANR (agence nationale de la recherche) tendent à nier la liberté de recherche. Seul désormais le gouvernement sera habilité à savoir ce qu’il est bon de chercher... La culture et le savoir mis sous tutelle (cf aussi l’article La culture mise sous tutelle présidentielle"), accaparés par quelques puissants, cela nous rappelle des heures où la démocratie n’était encore qu’une utopie.


Quart d’heure sur l’avenir de l’université
envoyé par contrepoint

En décembre, Télésorbonne avait déjà reçu Georges Molinié, président de l’université Paris 4 Sorbonne qui expliquait les enjeux de cette réforme :


Quart d’heure sur la réforme des concours de l’enseignement
envoyé par contrepoint

Le 5 février, Radio Campus et le journal contrepoint recevaient des représentants syndicaux étudiants pour parler de la grève :

Ecouter l’émission de Radio Campus Paris

Le front universitaire est désormais large et uni. Une intersyndicale s’est constituée et appelle jeudi 19 à une journée de mobilisation.

Texte du communiqué intersyndical

(Signataires :FSU (SNESUP, SNCS, SNEP, SNASUB) ; CGT (SNTRS, FERC-Sup, CGT-INRA) ; FO (SNPREES) ; SOLIDAIRES (SUD-Recherche-EPST, Sud Education, Sud Etudiant) ; SLR ; SLU ; UNEF)

Les étudiants et les personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche participent de manière exceptionnelle à la grève et aux mobilisations dans les universités. La journée du 10 février constitue un événement marquant, avec l’imposante démonstration de près de 100 000 manifestants à Paris et en province. Les personnels et les étudiants manifestent leur opposition aux politiques du gouvernement, notamment le Pacte Recherche et la loi LRU, qui cassent le service public d’enseignement supérieur et de recherche, dégradent les droits collectifs statutaires et les conditions de travail des personnels ainsi que les conditions de vie et d’études des étudiants. Ils condamnent les déclarations méprisantes du Président de la République du 22 Janvier.

De nombreuses voix de la communauté universitaire, bien des présidents d’université, sous des formes diverses, individuelles ou collectives, réclament du gouvernement le retrait des textes et dispositifs controversés. Le dernier CA de la CPU vient de faire évoluer la position de celle-ci, reprenant à son compte certaines revendications syndicales ou exprimées dans les AG. C’est un élément nouveau, à mettre au crédit de nos luttes majoritaires.

Mais le gouvernement reste sourd aux revendications. Sans retirer les réformes contestées, la Ministre organise une parodie de concertation pour présenter une médiatrice Mme Bazy-Malaurie, qui n’a pour seule mission que de modifier à la marge le décret enseignant-chercheur. Quant au Ministre de l’Education, il vient de refuser de modifier le calendrier de sa réforme en termes méprisants pour les formateurs.

Au-delà des universités, la mobilisation s’étend aux personnels des organismes de recherche, qui se réunissent et décident d’actions. Ainsi, les personnels des laboratoires réunis au CNRS le 12 février appellent à des débrayages chaque jour pour informer la population, au boycott de l’AERES et des évaluations des projets ANR, ainsi qu’à un rassemblement national de délégués de labos pour porter le refus du démantèlement des organismes. Tout ceci se place dans le cadre de la lutte d’autres personnels pour la défense du service public (Education, système hospitalier) ou pour la défense de l’emploi dans le secteur privé.

Les organisations constatent les convergences avec les revendications exprimées par la coordination nationale des universités et appellent à poursuivre et étendre la grève reconductible. Elles demandent :

* le retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ; * le retrait de la réforme actuelle « Darcos-Pécresse » de la formation des enseignants du 1er et 2nd degrés ; * le retrait du projet de contrat doctoral ; * l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche ; * la restitution des 1030 postes supprimés au budget 2009, la mise en œuvre d’un plan pluriannuel d’emplois statutaires dans les universités et les organismes, la résorption de la précarité ; * l’obtention de moyens permettant aux établissements d’assurer leurs missions ; la remise à plat du système d’allocation des moyens ; * le maintien des statuts nationaux pour tous les personnels et le refus de l’externalisation des fonctions des personnels de catégorie C, notamment ; * la revalorisation de toutes les carrières et l’amélioration des salaires, au lieu de l’individualisation des carrières ; * une politique ambitieuse pour la vie étudiante.

Sur tous ces points, les organisations signataires veulent de vraies négociations pour une tout autre politique.

Elles appellent les personnels et les étudiants à participer aux AG, à s’associer aux initiatives décidées dans le cadre de la grève votée dans chaque université. Elles appellent les personnels de tous les organismes à se réunir en AG pour exprimer leurs revendications en convergence avec les universités et préciser les modalités d’action. Les organisations signataires appellent à participer : à la journée nationale de manifestations du 19 février

Les 14 et 15 février, une coordination nationale étudiante s’est réunie à Rennes. Voici son appel :

Nous, étudiants de 63 universités réunis en coordination nationale à Rennes les 14 et 15 février, appelons à amplifier la mobilisation sur les universités par la grève réelle et reconductible des étudiants.

Les enseignants chercheurs exigent le retrait du projet de décret qui vise à transformer profondément leur statut. Cette réforme fait de l’enseignement une sanction. Cela va réduire considérablement la qualité des enseignements, donc celle de nos diplômes et donc celle de nos conditions de travail. L’enseignement supérieur est frappé par une série d’attaques majeures. Depuis plusieurs années et en particulier depuis l’adoption en catimini de la Loi LRU en 2007, contre laquelle s’était mis en place une forte mobilisation étudiante, une série de mesures visent à transformer profondément l’enseignement supérieur. Les objectifs de la classe dirigeante sont simples : soumettre les universités à des logiques de compétitivité, de rentabilité, les mettant en concurrence les unes avec les autres, les obligeant à recourir aux financements privés.

Nous, étudiants mobilisés, refusons la privatisation des universités et la soumission aux intérêts privés, nous refusons le développement d’un enseignement supérieur à deux vitesses. Nous refusons de nous voir délivrer des diplômes qui ne protègent pas dans le monde du travail et qui conduisent à la précarité. Nous ne serons pas de la chair à patrons.

La LRU est le cheval de bataille commun aux étudiants enseignants et personnels. C’est derrière le mot d’ordre de l’abrogation de la LRU que le mouvement pourra s’unifier. Face aux attaques actuelles contre l’enseignement supérieur, nous devons bloquer les suppressions de postes et exiger le retrait des réformes suivantes :

- la LRU
- celle dite du recrutement et de la formation des enseignants
- celle dite de l’allocation des moyens
- celle du statut des enseignants chercheurs
- celle du contrat doctoral unique

Le mouvement contre le CPE et la Loi sur l’égalité des Chances a démontré que seule la lutte paie. La mobilisation en cours démontre la volonté de ne pas laisser passer la casse du service public d’enseignement supérieur. Les étudiants doivent s’engager dans la lutte pour défendre les facs, les diplômes et les conditions d’études. Pour gagner sur l’ensemble des revendications, nous avons besoin de généraliser la mobilisation étudiante, de la doter de revendications propres sur lesquelles il est possible de gagner. La semaine qui vient doit permettre de faire passer la mobilisation étudiante d’une mobilisation de solidarité passive à une grève majoritaire, réelle et active des étudiants, seule à même de stopper la logique de libéralisation et de casse du service public d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, nous devons amplifier la mobilisation étudiante par la grève, les manifestations, la convergence des luttes.

La mobilisation étudiante doit se poursuivre dans la perspective de généraliser la grève à d’autres secteurs. Après la réussite de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier, nous appelons au soutien de toutes les luttes en cours. Nous appelons d’ores et déjà à la nouvelle journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l’appel des syndicats de salariés le 19 mars prochain.

Sans attendre, nous devons poursuivre la grève étudiante, c’est-à-dire la cessation totale et reconductible des cours. Nous appelons à une journée nationale d’action étudiante le Mardi 17 février, nous appelons à une journée nationale de grève et de manifestation étudiante le Jeudi 19 février.

- Retrait de la réforme des concours d’enseignement dit de masterisation
- Retrait du décret de l’allocation des moyens
- Non aux suppressions de postes dans la fonction publique. Recrutement massif dans l’éducation
- Retour du cadrage national des diplômes et reconnaissance des diplômes nationaux dans les conventions collectives
- Pour la mise en place d’un véritable système d’aide sociale étudiant basé sur des critères sociaux

De nombreuse autres informations sont disponibles sur le site Rebellyon.info

Photo : Filtre Rouge, Photothèque du mouvement social


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