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Le gouvernement sonne le glas de l’EPRA

Au Conseil d’administration du GIP EPRA (Echanges et productions radiophoniques), le 8 novembre dernier, la douche fut bien froide pour les représentants des radios associatives. L’EPRA, outil remarquable de production et d’échanges de programmes radiophoniques sur des thématiques d’intérêt général va fermer ses portes. Ainsi en ont décidé les ministères concernés.

Au-delà des 171 radios productrices de l’EPRA et les emplois induits par ce système, ce sont de nombreux territoires qui risquent de voir décliner cette part du travail de communication sociale de proximité des radios. Pour les représentants des radios, la promesse du maintien des productions sur une logique d’appel à projet n’est en rien rassurante.

(Petites) économies budgétaires ne riment pas toujours avec intérêt général...

Nous publions ici le communiqué de la Confédération Nationale des Radios Associatives (CNRA) qui manifeste clairement l’incompréhension des radios attachées à cet outil de service public. Elles qui espéraient au contraire une issue positive pour l’EPRA suite à l’élection de la nouvelle majorité présidentielle ne concevaient pas ainsi la sortie du tunnel...

EPRA, la mise à mort !

Communiqué de la Confédération Nationale des Radios Associatives (CNRA) publié le mardi 13 novembre 2012 sur le site www.cnra.fr

Le président du GIP EPRA, Hervé Masurel, vient d’annoncer lors du CA du 8 novembre dernier que faute d’avoir pu trouver les sommes nécessaires à l’achat de programmes, les ministères de la ville et de la culture ont rendu un arbitrage en faveur de la fermeture du GIP EPRA au prétexte qu’il ne servait à rien de continuer à financer une structure qui ne peut pas assumer sa mission.

Cette annonce est assortie de 2 autres points :
- Le GIP va être prolongé d’un an au motif qu’il n’est pas possible de procéder au démantèlement du GIP et au licenciement de son personnel d’ici décembre. - Pendant cette période, le budget de 450 000€ de l’ACSé sera maintenu mais pourra être réparti sur de la production via le lancement d’appels à projets.

Compte tenu de cette nouvelle manœuvre qui ne vise qu’à tenter d’associer les radios à une décision qui voue l’EPRA à sa perte… (Comme nous l’avons fait observer cette proposition ne garantit en rien la pérennité du dispositif et passe par perte et profit ce qui fait la pertinence de la structure EPRA, à savoir sa capacité d’animation et de développement d’un réseau organisé et dédié à la mise en synergie des productions, l’effet de levier pour nos partenariats, les financements annexes et l’équilibre salarial qui en découlent, la dynamique de professionnalisation qu’offre l’EPRA à nos radios).

Compte tenu de l’attitude des tutelles que les représentants des radios ont dû solliciter à plusieurs reprises pour que soit enfin organisé un CA qui devait initialement être convoqué en septembre pour faire le point et préparer un dossier argumenté susceptible d’assurer l’avenir de l’EPRA…

Compte tenu des options existantes pour trouver de nouveaux financements et des propositions faites par les radios qui n’ont été suivies d’aucun relais par le SG CIV (Secrétariat Général au Comité interministérielle des villes)… Compte tenu de l’évolution du dossier suite à la mobilisation des radios, des gages reçus quant à l’orientation partagée par l’ensemble des ministères de ne pas remettre en cause la légitimité de l’outil et des engagements pris pour mener un travail autour de propositions pour un EPRA renouvelé et celui de chercher des solutions quant au financement de l’achat de programmes…

Nous sommes aujourd’hui en mesure de comprendre que l’option de fermeture anticipée du GIP que nous supputions il y a 2 ans et à laquelle nous avons échappé jusqu’à ce jour grâce à notre travail de mobilisation, était une réalité.

Ces éléments viennent confirmer que depuis qu’il a hérité du financement fléché du GIP il y a 3 ans, le SG CIV n’a aucunement l’intention de valoriser l’EPRA, que nos missions ne relèvent pas de ses priorité et que compte tenu des restrictions budgétaires à l’œuvre, cette manne financière serait à terme plus utile ailleurs en interne.

Cette décision, qui reste celle d’un arbitrage administratif se prépare dans le dos des politiques qui ne sont pas au courant en direct. Raison pour laquelle nous sommes à nouveau mobilisés pour faire savoir à la presse et à nos élus que les radios de l’EPRA, soutenues par leur confédération et syndicat respectifs n’accepteront pas ce gâchis qui est une insulte à l’utilisation de l’argent public et à l’efficience de tout un secteur mobilisé depuis 20 ans en faveur de la lutte conte les discriminations.

La CNRA vous tiendra informés sous peu de l’ensemble des moyens préconisés pour porter le débat dans la sphère publique et politique.

D’ici là, vos représentants restent à votre disposition…


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