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Gaz de schiste : la lutte continue

Face à un fort mouvement de protestation populaire, le gouvernement avait annoncé l’adoption rapide d’une loi interdisant toute exploration et exploitation de gaz de schiste en France. Mais le 11 mai dernier l’Assemblée Nationale a accouché d’un texte interdisant simplement la méthode de fracturation hydraulique, laissant ouverte la possibilité d’exploiter cette énergie avec des technologies nouvelles.

La menace écologique continue à planer sur les plus beaux territoires français que les grands groupes pétroliers voudraient s’approprier.

Retour sur cette actualité trop peu médiatisée avec des émissions de Radio Saint Ferréol, à Crest, dans la Drôme, l’un des départements les plus menacés.

Le gaz de schiste est un gaz naturel présent dans les sous-sols de nombreuses régions dans le monde. Au lieu d’être concentré dans des poches, il est retenu par les roches sédimentaires. Aussi, pour l’exploiter, la seule technique existante aujourd’hui consiste à injecter de très grandes quantités d’eau mélangée à du sable et de nombreux composés chimiques. Les conséquences de l’utilisation de ces techniques sont désastreuses pour l’environnement comme semblent le prouver les expériences déjà réalisées à l’étranger, aux Etats-Unis notamment (lire notamment à ce sujet, sur lemonde.fr : Aux Etats-Unis, des aquifères ont bien été contaminés par des gaz de schiste

Une forte mobilisation populaire

Ce début d’année a été marqué par une forte contestation populaire, mobilisant non seulement les militants écologistes mais toutes les populations des territoires concernés par des projets d’exploration et d’exploitation. Car, en toute discrétion, des permis de recherche avait été délivrés à des compagnies par le ministère de Jean-Louis Borloo. Cette mobilisation avait connu l’un de ses rendez-vous les plus marquants à Villeneuve de Berg en Ardèche le 26 février dernier. Lire à ce sujet sur mediascitoyens.org : Gaz de schiste : une nécessaire mobilisation citoyenne

Un texte de loi amputé

L’unanimité qui a suivi l’annonce de l’interdiction totale de toute exploration et exploitation du gaz de schiste en France s’est vite déchirée. En fait d’interdiction totale, le texte présenté par Christian Jacob (UMP) à l’Assemblée ne propose que l’interdiction de la méthode de fracturation hydraulique, sans abroger les permis déjà accordés.

Ce recul ouvre la porte à toute autre sorte de technique d’extraction que les compagnies pétrolières positionnées sur ce marché pourront inventer. "Voilà encore une victoire des industriels qui pourront forer et détruire notre environnement sans être inquiétés. La FRAPNA s’oppose radicalement à ce que des permis exclusifs de recherche délivrés dans l’opacité la plus totale et en méconnaissance des principes constitutionnels d’information et de participation du public, puissent être maintenus alors qu’ils engagent les choix énergétiques de la France et le développement durable des territoires.", déclarait la FRAPNA dans un communiqué du 6 mai 2011.

Les associations écologistes n’ont pas été les seules à réagir. Mercredi 11 mai, tandis que des manifestations avaient lieu partout en France et devant l’Assemblée Nationale, les députés d’opposition votaient contre le texte.

Jean-Jack Queyranne (PS) s’en explique dans un communiqué de presse daté du 12 mai : "Nul ne connait aujourd’hui, l’impact des explorations et exploitations des gaz de schiste, mais ce qui est très clair ce que les impacts environnementaux et sanitaires de l’exploitation des gaz de schiste et des gisements en eaux profondes vont à l’encontre des objectifs définis en matière de protection de notre environnement, et de notre politique en faveur d’un développement durable.

Une mobilisation sans précédent a permis l’instauration d’un débat parlementaire sur l’interdiction des gaz de schiste. Malheureusement le texte présenté par le groupe UMP ne lève pas les ambiguïtés sur l’interdiction des permis d’exploitation ni même sur une exploitation autre que la fracturation hydraulique.

L’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste n’étant pas acquise, les conditions d’un vote favorable, n’ont pas été réunies."

La lutte continue

La lutte continue, en particulier dans les territoires les plus concernés. Mais déjà, les industriels préparent l’avenir. La société américaine Schuepbach Energy LLC, titulaire de deux permis de recherches du gaz de schiste (à Villeneuve de Berg et à Nant, un autre permis a été délivré à Montélimar à Total E&P France et Devon Energie Montélimar SAS) a déposé début avril un recours auprès du tribunal administratif de Lyon afin d’annuler l’arrêté pris par le maire de Villeneuve-de-Berg interdisant l’exploitation du gaz sur sa commune.

Ecouter à ce sujet, "L’Empire contre attaque" sur Radio Saint Ferréol

Adopté par 287 voix contre 186 le 11 mai par l’Assemblée, le texte sera examiné le 1er juin prochain au Sénat.

En attendant, les compagnies pétrolières, à l’image de Total qui s’associe à cet effet avec Exon, vont aller patienter en Pologne, pays volontaire pour l’exploitation désastreuse de ce gaz. Elles semblent même optimistes quant à leur avenir en France. Selon lefigaro.fr, le PDG de Total, Christophe de Margerie "a en effet estimé nécessaire de « trouver une solution dans les années à venir pour pouvoir faire en France ce que même la Suède, même le Danemark, qui sont quand même des pays connus pour leur sensibilité environnementale, ont accepté »" (Lire l’article du Figaro : Total mise sur les gaz de schiste en Pologne)

L’Antenne : une émission dédiée au gaz de schiste sur Radio Saint Ferréol

Depuis le mois de mars, Radio Saint Ferréol (Crest, Drôme) développe une série d’émissions consacrées à la lutte contre l’exploitation du gaz de schiste : L’Antenne :

Retrouvez l’intégralité de ces émissions en podcast sur le site de Radio Saint Ferréol

T.B.


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