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17 octobre 1961 : la barbarie au pays des droits de l’homme

17 octobre 2008. 47 ans après le massacre de dizaines de manifestants algériens par les forces de police de Paris, Olivier Minot est allé recueillir les témoignages des manifestants de la place du Pont, lieu de rassemblement de la communauté algérienne lyonnaise. Un aperçu de la face cachée de la France et d’une certaine idée de l’intégration républicaine à la française... suite

17 octobre 1961. Une manifestation en faveur de l’indépendance de l’Algérie réunit de nombreuses personnes dans les rues de Paris. La France, qui ne reconnaîtra jamais la guerre d’Algérie comme une guerre, mais comme un affaire "interne", considère pourtant cette manifestation comme un acte de guerre...et lâche ses chiens.

La police, aux ordres du Préfet Maurice Papon, réprime la manifestation d’une façon qui reste difficile à imaginer pour qui considère la France comme le pays des Droits de l’Homme et comme une démocratie. Entre 100 et 300 Algériens meurent, jetés dans la Seine par les hommes de Papon.

Une histoire qui ne sera depuis, jamais réellement reconnue par les autorités françaises. Il faudra attendre 2001 pour voir Bertrand Delanoë, élu Maire de Paris, poser une plaque commémorative sur le Pont St Michel. Il faut dire que ce massacre est l’une des pires représentations de la mauvaise foi, du cynisme et de la mauvaise conscience de la France. Une France qui s’érige alors en pays résistant face à la barbarie nazie mais qui protège les anciens collaborateurs de Vichy. Une France qui massacre les Algériens à Paris comme à Sétif alors qu’elle célèbre la victoire contre l’ignominie fasciste.

Maurice Papon est l’un des symboles les plus représentatifs de cette face cachée de notre pays. Secrétaire général de la Préfecture de Gironde en 1942, il collabore avec les nazis en tant que directeur du "service des questions juives". Il sera condamné pour cela à 10 ans de prison en 1998, pour complicité de crimes contre l’humanité. Pourtant, en 1961, il est Préfet de Paris et ordonne le massacre du 17 octobre. Pourtant, même après cela, il devient député, maire de St Amand Montrond (où il posera même la première pierre du lycée Jean Moulin), puis président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et enfin ministre du budget de Raymond Barre entre 1978 et 1981.

La France est aussi reconnaissante à ses zélés serviteurs dans les entreprises de barbarie, qu’ingrate pour les peuples qui défendent les valeurs fondamentales de sa Constitution. Ce même pays qui massacrait le 8 mai 1945 à Sétif les mêmes Algériens qui l’avaient aidé dans son combat contre le fascisme et qui avaient la naïveté de croire que la Libération était le symbole de la liberté...

Le 17 octobre 1961, la police de la capitale du pays des Droits de l’Homme précipitait dans la Seine des dizaines de personnes dont le seul tort était d’avoir été colonisés.

Aujourd’hui encore, lorsque le chanteur du groupe La Rumeur écrit "Les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété.", il est poursuivi pendant des années par le Ministère de l’Intérieur (cf l’article de Médiascitoyens)

A Lyon, la place du Pont est le lieu de rencontre et de vie d’une grande partie de la communauté algérienne. Le 17 octobre 2008, Olivier Minot de Radio Pluriel est allé avec son micro recueillir les témoignages des Algériens de la Place du Pont. Recueil d’une mémoire douloureuse encore à vif qui met en perspective les conditions actuelles d’existence des immigrés en France. La place du Pont est aussi le symbole du système D qui permet (ou non) à quelques uns de survivre grâce au commerce de rue.

Histoire d’une certaine idée de l’intégration républicaine à la française...

Un 17 octobre sur la place du Pont, un reportage d’Olivier Minot. Radio Pluriel.

Première diffusion les 25 et 26 octobre 2008.

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T.B.


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